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Ban Ki-moon à Kaboul, doute sur le maintien du second tour
par Golnar Motevalli
KABOUL (Reuters) - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon est arrivé à Kaboul, où le retrait du rival du président sortant Hamid Karzaï jette un doute sur la nécessité de maintenir le second tour de l'élection présidentielle, programmé samedi.
L'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah a annoncé dimanche son retrait de la compétition, sans pour autant appeler au boycottage du scrutin.
Le président de la commission électorale, dite indépendante mais nommée par le gouvernement, a fait part lundi de son inquiétude concernant les conditions de sécurité du scrutin, que les taliban ont promis de perturber.
"Organiser un second tour qui ne donnerait pas une vraie légitimité au président et qui coûterait la vie à de nombreuses personnes est une source d'inquiétude pour nous", a déclaré Daoud Ali Najafi à Reuters.
Un porte-parole de la mission des Nations unies en Afghanistan avait déclaré dimanche "difficile d'imaginer" un second tour avec un candidat unique.
Ban Ki-moon doit rencontrer Hamid Karzaï et Abdullah Abdullah pour tenter de trouver une issue à la crise politique et assurer "le peuple afghan du soutien continu des Nations unies pour le développement du pays", déclare l'Onu dans un communiqué.
L'organisation d'un second tour avec Hamid Karzaï pour seul candidat risque de jeter le doute sur la légitimité du prochain gouvernement, estiment des diplomates occidentaux à Kaboul.
"La commission électorale se réunit aujourd'hui et nous espérons qu'elle prendra une décision sur le second tour dans la journée", a déclaré un diplomate sous le sceau de l'anonymat.
La Constitution afghane est floue sur la marche à suivre dans ce genre de circonstances mais la commission électorale pourrait décider d'annuler le second tour ou demander à la Cour suprême de se prononcer.
COUP DUR POUR OBAMA
Abdullah Abdullah reproche à Hamid Karzaï d'avoir refusé les conditions qu'il avait formulées pour éviter que ne se répètent le 7 novembre les irrégularités massives ayant entraîné l'annulation de la victoire revendiquée dès le premier tour, le 20 août, par le camp du président sortant.
Karzaï, qui incarne la majorité pachtoune, a exclu par avance toute alliance avec Abdullah, un Tadjik qui fut compagnon d'armes du défunt commandant Ahmed Chah Massoud, fermant ainsi la porte à un arrangement qui ferait les affaires de l'Occident.
La reconduction d'un Hamid Karzaï affaibli, à la légitimité entamée et dont le régime est tenu pour corrompu dans les milieux politiques de Washington, serait un coup dur pour le président américain Barack Obama, à l'approche de sa décision sur l'envoi éventuel de renforts en Afghanistan.
Critiqué par un nombre croissant de détracteurs pour le délai qu'il s'accorde avant de répondre à la demande d'envoi de 40.000 soldats supplémentaires formulée par son état-major sur place, Obama aurait reporté sa décision au lendemain de sa tournée en Asie, du 11 au 20 novembre.
Karzaï s'est déclaré "déçu" du retrait d'Abdullah Abdullah et a promis d'attendre la proclamation des résultats par la Cour suprême avant de clamer victoire.
Contrairement à de nombreux analystes, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a soutenu que le retrait d'Abdullah n'entamerait en rien la légitimité du vote de samedi et elle a estimé qu'il revenait aux responsables afghans de décider désormais de la suite du processus électoral.
Version française Guy Kerivel, Eric Faye et Clément Dossin