Les Tories veulent reprendre des pouvoirs à l'UE

par Kylie MacLellan

LONDRES (Reuters) - L'opposition conservatrice britannique s'est engagée mercredi à tenter de faire restituer à la Grande-Bretagne certains pouvoirs exercés par l'Union européenne si elle remporte les élections législatives de l'an prochain, tout en assurant ne pas chercher à saboter l'UE.

Dans un discours, le dirigeant conservateur David Cameron a exposé la nouvelle position de son parti sur l'Europe après avoir reconnu que la signature du traité de Lisbonne mardi par le président tchèque Vaclav Klaus avait mis fin à son espoir d'organiser un référendum britannique sur ce document.

Ce revirement a mécontenté certains représentants de la droite eurosceptique du parti de Cameron, qui estiment qu'il doit tenir sa promesse de référendum.

Le parti s'efforcera de négocier le rétablissement d'exonérations dont bénéficiait le pays en matière de législation sociale, de récupérer des compétences dans le champ de la justice pénale et d'obtenir une "exemption totale" pour ce qui est de la charte des droits fondamentaux de l'UE, a déclaré Cameron.

Il a exprimé l'intention de modifier la législation britannique de façon à ce que tout futur transfert de compétence à Bruxelles soit soumis à référendum en Grande-Bretagne.

Les Tories, donnés favoris des élections législatives prévues au plus tard en 2010, comptent procéder à un "bouclage juridique" analogue pour empêcher n'importe quel gouvernement britannique futur d'adopter l'euro sans référendum.

"Ce que je promets aujourd'hui est réalisable, crédible, tenable", a affirmé le dirigeant conservateur.

Selon des analystes, Cameron cherche à garder les voix des eurosceptiques qui peuvent être tentés de se tourner vers le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP, antieuropéen) et priver ainsi les conservateurs de sièges parlementaires marginaux.

PAS DE "FOIRE D'EMPOIGNE EUROPÉENNE"

Il tient aussi à ne pas s'aliéner d'autres gouvernements de l'UE qui pourraient l'aider à "rapatrier" des compétences en Grande-Bretagne, ajoutent-ils.

Un gouvernement conservateur serait un membre actif de l'UE, a assuré Cameron : "Mon but (...) n'est pas de contrecarrer ni de saboter le fonctionnement de l'Union européenne."

Il entend aussi éviter de "se précipiter dans une énorme foire d'empoigne européenne".

"Nous prendrons notre temps, négocierons fermement, patiemment et respectueusement, et nous chercherons à obtenir la restitution des pouvoirs que j'ai exposés sur la durée d'une législature", a dit Cameron. Un Parlement reste en place au maximum cinq ans.

Le secrétaire au Foreign office, le travailliste David Miliband, a estimé que les propositions de Cameron ne visaient pas à reprendre possession de compétences exercées par l'UE, mais à transférer des pouvoirs aux eurosceptiques du parti conservateur.

Certains de ces eurosceptiques sont restés sur leur faim. "Je crois qu'il nous faut un référendum sur nos relations avec l'Europe", a réaffirmé le député Douglas Carswell à la BBC.

Un gouvernement conservateur adopterait une loi en vertu de laquelle tout renforcement des pouvoirs de l'UE devrait faire l'objet d'une autorisation parlementaire en Grande-Bretagne, a indiqué le parti.

Il adopterait en outre une loi stipulant de façon explicite que le Parlement britannique est souverain et ne saurait être contourné par l'UE contre sa volonté. Ce qui bloquerait toute tentative de la justice européenne pour affaiblir la souveraineté britannique.

Cameron a enfin déclaré que les conservateurs réclameraient un règlement financier très strict dans les négociations à venir sur le budget de l'UE, "garantissant à la Grande-Bretagne qu'elle ne paie pas davantage que sa part légitime".

"Nous serons particulièrement attentifs au domaine de la régulation financière, où nous défendrons avec vigilance et ténacité la compétitivité de la City de Londres", a-t-il ajouté.

Version française Philippe Bas-Rabérin




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