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Liverpool, as-tu encore du coeur?
Il y a quelques années, Liverpool s'était retrouvé dans l'obligation de gagner son dernier match de poules, face à Olympiakos, par deux buts d'écart pour se qualifier en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Menés 0-1, les Reds allaient sortir une nuit magique , comme Anfield en a connu quelques unes, inscrivant leur troisième but, celui de la qualification, à la dernière minute. Quelques mois plus tard, ils remportaient la Ligue des Champions, à l'issue d'une finale ahurissante face au Milan AC.
Ce mercredi, à Lyon, l'équipe de Rafael Benitez se retrouve déjà dans les cordes. Qu'elle s'incline à nouveau face à des Lyonnais qui viennent d'aller gagner à Anfield il y a deux semaines, et l'aventure en Ligue des Champions a de grandes chances de s'achever cet automne.
Liverpool 2009-2010: un mystère!
Et l'on peut se demander si ce Liverpool 2009-2010 a les mêmes capacités de réaction que ses devancières. En fait, cette équipe demeure plus que jamais un mystère. Capable d'inscrire 22 buts sur ses sept premiers matchs de championnat (un record dans l'histoire du club), tout comme de compter déjà cinq défaites après onze journées de championnat, dont quelques perles , comme celle à Sunderland (0-1) ou encore ce week-end à Fulham (1-3). Un Liverpool qui, entre ces deux défaites, à tout de même réussi à dominer Manchester United (2-0), bien que privé de Steven Gerrard.
Voilà donc ce Liverpool, neuf points derrière Chelsea en championnat, et au bord de l'élimination en Ligue des Champions, alors que le mois de novembre débute à peine. Pas la peine de s'étendre trop longtemps sur les implications d'un tel scénario-catastrophe sur les finances d'un club déjà en difficulté. Pas la peine non plus d'en rajouter sur le difficile avenir promis à Benitez en cas de malheur.
Benitez n'est pas irréprochable
Malgré tout son talent, le coach espagnol est d'ailleurs en bonne partie responsable de cette situation. Qu'il n'ait pas eu tous les moyens demandés, vrai. Que son équipe ait subi un nombre élevé de blessures, notamment parmi des joueurs importants, vrai également. On peut cependant s'interroger sur la qualité du recrutement, alors que Liverpool était encore perfectible d'au moins deux ou trois éléments la saison dernière, et que l'intersaison a vu les départs d'une pièce essentielle, Xabi Alonso et d'un solide titulaire, Arbeloa, tous deux en partis pour Madrid. Si les recrutements de Glenn Johnson et Aquilani ont permis de contre-balancer ces départs, il n'en reste pas moins vrai qu'aucune amélioration qualitative n'a été apportée. Que l'équipe continue de s'appuyer sur Steven Gerrard, que Mascherano n'a plus la même aisance au milieu que lorsqu'il évoluait aux côtés d'Alonso. Et qu'en défense centrale, Carragher est plus souvent dépassé.
Bref, ce Liverpool ne s'est donc certainement pas renforcé, là où ses adversaires directs (MU, Chelsea, Arsenal, voire City ou Tottenham) ont effectué un travail bien plus rigoureux. Pire, sans doute, les Reds n'ont cette saison que très rarement montré le caractère nécessaire pour effacer ces lacunes qualitatives. À Florence (défaite 0-2), comme contre Lyon, ou encore trop souvent en championnat, Liverpool ne parvient plus à trouver son rythme, son jeu, à imposer sa personnalité. Qu'un club réputé pour son courage, sa capacité à lutter, se noie par manque de passion, voilà bien le pire qui pouvait lui arriver.
JEAN GOUNELLE, CORRESPONDANT AU CANADA